L'effleurage

La massothérapie s’est développée comme un art thérapeutique il y a des millénaires dans toutes les civilisations. L’exécution de mouvements des mains du masseur sur le corps du patient apporte bien-être, soulagement et détente psychique. Les techniques sont variées et ciblent des objectifs différents. On compte sept mouvements fondamentaux du massage. L’un d’eux, l’effleurage, est notamment un excellent moyen d’entrée en matière, d’assurer les transitions entre les différentes techniques et de clore la séance de massage. Ses vertus apaisantes sont particulièrement intéressantes et méritent d’être expliquées en détails.

Zoom sur un effleurage en exécution

Harmonie, détente et relaxation totale

Lorsque vous pénétrer dans une salle de massage tout y est pensé pour assurer une atmosphère relaxante. Choix des couleurs, température agréable, lumière douce et tamisée, matériaux naturels, odeurs et musiques flattent vos sens et tendent à libérer les tensions qui accablent votre corps et votre psychisme. Dans cette pièce paisible et chaleureuse vous vous apprêtez à rejoindre une table de massage confortable. Malgré cela, lorsque vient le moment de se déshabiller et de rencontrer le praticien qui touchera votre corps, vous ressentez une irrésistible gêne. Quoi de plus naturel ? Il est pour le moins assez inhabituel dans notre vie moderne de se retrouver quasiment nu face à un ou une inconnu et de lui livrer son corps sur une table de massage quel que soit le confort de cette dernière !

Comment dans ces conditions ne penser à rien et se laisse faire sans crispations ? Outre la psychologie du masseur qui sera détecter votre malaise et y répondre par quelques mot apaisants, la technique de l’effleurage offre un préliminaire doux et apaisant. Elle consiste en une série de mouvements circulaires, longitudinaux ou transversaux doux réalisés avec les paumes de la main sur toutes les parties du corps. Elle assure une mise en contact progressive de votre corps avec les mains du masseur. Celles-ci se moulent pour réaliser des mouvements uniformes et de faibles intensités autour de vos formes et procurent une caresse superficielle. Vos tensions s’amenuisent progressivement et vous commencez à lâcher prise de tout votre corps et de votre être intérieur. L’effleurage est en outre l’instant privilégié pour l’application des produits de massage, ces onguents contribuant aussi à vous détendre. La confiance est alors installée avec le masseur, les zones d’intervention sont irriguées et chauffées. L’augmentation de température de la zone d’intervention par cette technique atteint en effet 1,5°C au bout de 5 à 6 minutes. La séance peut donc se poursuivre de manière optimale.

Les techniques de l’effleurage : un art subtil

Les mouvements de l’'effleurage sont toujours orientés vers le cœur. Les couches superficielles (peau et tissus adipeux sous-cutanés) doivent être soumis à une pression juste suffisante pour que se forme, sous l'action des doigts et du bord latéral des mains, un bourrelet d'à peine quelques millimètres. Cette manœuvre doit déborder largement de la future zone d'intervention. Sa répétition doit être très régulière et à rythme lent. Il existe deux types d'effleurage en fonction du résultat escompté.

L'effleurage lent, qui se caractérise par la lenteur des mouvements, a pour principal objectif de relaxer le patient. Les nerfs de détendent et l’anxiété est évacuée. Les nuances de ressenti sont assurée par variation de la vitesse, de la force d'appui et de formes des gestes réalisés. Il s’agit d’offrir toute une gamme de stimuli à la personne massée. Généralement les masseurs choisissent une musique adaptée pour les guider dans l’exécution de cet art corporel. Si la partition est bien jouée, votre corps et votre esprit seront rapidement aux anges !

L'effleurage ferme sert lui à préparer les muscles du corps à d’autres techniques de massage plus appuyées, comme le pétrissage ou le palper-rouler, en stimulant la circulation sanguine et lymphatique. L'effleurage bien qu’il consiste à masser sans appuyer sur la peau favorise en effet la circulation du sang dans les très fins vaisseaux sanguins de la peau.

Dans les deux cas, l’effleurage doit se prolonger 1 à 2 minutes par zone corporelle afin de provoquer le relâchement naturel recherché des muscles. Dans tous les cas, c'est la fluidité du mouvement, sans frottements ni heurts, qui importe le plus pour obtenir l’effet relaxant maximum. Cependant, ne nous y trompons pas. L’art du massage repose dans un transfert des fluides et des énergies. Ce n’est pas parce que l’effleurage est par définition très doux qu’il n’agit pas au plus profond de votre être.

Indication et contre-indications de l’effleurage

Une étude récente du Dr Colin a démontré que l'effleurage de la région du sacrum provoque une augmentation significative de la pression d'oxygène transcutanée par accélération de la microcirculation. De part cet effet, l’effleurage est utilisé pour prévenir les escarres chez les patients alités avec appuis prolongés ou ayant une vascularisation amoindrie, un manque de mobilité ou de sensibilité. Etant comme son nom l’indique une technique extrêmement douce, les contre-indications à son exécution son celles qui s’appliquent à toute forme de massage. Un massage s’effectue sur une peau saine c’est-à-dire exempte de lésions dermatologiques et sur une zone ne présentant ni œdème ou inflammation ou toute forme d’érythème.

L’effleurage est idéal pour démarrer, assurer les transitions entre les différentes techniques et clore une séance de massage. Il assure une interaction douce entre les mains du donneur et le corps du receveur. Il paraît simple à exécuter alors qu’il réclame une réelle maîtrise dans son exécution. Les plus coquins auront compris que l’effleurage est au massage ce que les préliminaires sont à l’amour ! Il fait toute la différence! En fin de massage l’effleurage permettra de rompre le contact délicatement et agréablement pour éviter toute sensations d’abandon. Il permet de rompre l’interaction donneur-receveur de façon graduelle et délicate. Il doit raisonner dans l’esprit du receveur comme un rappel des manœuvres précédentes. Son exécution doit être systématique en fin de séance car il évite un réflexe naturel de stress.