Ostéopathie crânienne

Les origines de l’ostéopathie crânienne

L'ostéopathie crânienne est apparue en 1898-1900 aux États-Unis. Elle fut découverte et développée par l’ostéopathe William Garner Sutherland, qui était un élève de STILL, le fondateur de l'Ostéopathie. En observant un crâne désarticulé, Sutherland a émis l’idée que les sutures crâniennes des os temporaux où se rencontrent les os pariétaux sont biseautés comme les ouïes d’un poisson, indiquant une mobilité articulaire par un mécanisme respiratoire.

L'approche crânienne, une spécificité ostéopathique

L’approche crânienne est  une pratique de l'ostéopathie qui s'occupe en particulier de la tête. Malgré le fait que celle-ci ne comporte pas d'articulation (mise à part l'articulation de la mâchoire), les principes d’ostéopathie peuvent s'y appliquer, grâce à des techniques fonctionnelles spécifiques.

Selon Sutherland,, la légère malléabilité des os du crâne et la manière dont ils sont imbriqués leur permettent une micro mobilité due aux tensions variables des membranes (ou fascias) qui sont attachées à l'intérieur et à l'extérieur du crâne. Une restriction de cette infime mobilité peut engendrer des troubles divers, qui peuvent être résolus en restaurant cette mobilité.

L’ostéopathie accorde une grande importance au crâne, aux structures qui le composent et surtout aux mouvement qui l’animent.  L’ostéopathie crânienne permet d’obtenir d’excellents résultats. L'ostéopathie crânienne prend en compte le mécanisme MRP (mécanisme respiratoire primaire) et qui est essentiel au fonctionnement du corps humain.

Les techniques crâniennes sont douces et d'une totale innocuité, à condition de ne pas s'appliquer à des pathologies graves. Elle sont exclus en cas de fracture récente, d'hémorragie ou de tumeur du cerveau. Elles n'ont pas d'action sur les maladies neurologiques (paralysies, maladie de Parkinson, épilepsie).

Le MRP (mécanisme respiratoire primaire)

Les surfaces articulaires des os du crâne et de la face sont placées de telle façon qu'elles autorisent un déplacement relatif de chacun d'eux, selon des axes très précis. Le mécanisme respiratoire primaire est un mouvement involontaire et rythmique parfaitement perceptible manuellement avec un minimum d'entraînement. Indépendamment de la respiration cardiaque ou pulmonaire, il fluctue à raison d'environ 10 à 14 cycles par minutes. Chaque cycle comporte une période dite de flexion ou d'inspiration, correspondant à l'augmentation du diamètre transversal crânien et une diminution des diamètres antéro-postérieur et vertical. L'extension, ou expiration, correspond aux mouvements inverses, et l'on peut ainsi comparer ces mouvements à la respiration thoracique, d'où son nom de « respiration primaire ». Elle commence avant la naissance, in utero, et ne s'éteint, environ, que quinze minutes après la mort.

Palpable sur l'ensemble du corps, le MRP est tout particulièrement travaillé au niveau du crâne, où il prend sa source.

Le Mécanisme Respiratoire Primaire peut se résumer en 5 idées :

  • la motilité inhérente du SNC (système nerveux central) ;
  • la mobilité articulaire des os du crâne ;
  • l'action des membranes de tensions réciproques (MTR) ;
  • la fluctuation du LCR (liquide céphalo-rachidien) ;
  • la mobilité involontaire du sacrum entre les iliaques.

 

La motilité du SNC

Le postulat de la fluctuation du fluide intracrânien est décrit par les médecins comme une interaction entre quatre composantes principales: le sang artériel , le sang capillaire (volume du cerveau), le sang veineux et le liquide céphalorachidien (LCR).

La mobilité des os du crâne

L'ostéopathie considère que les os du crâne sont mobiles les uns par rapport aux autres. M. Sutherland a admis que les os du crâne s'articulent entre eux selon des axes bien précis.

On considère la théorie selon laquelle les os du crâne seraient capables de se déplacer comme controversée. L’étude de l'existence et du degré de mobilité crânienne ont donné des résultats mitigés. Les sutures crâniennes sont les zones dans lesquels les huit os du crâne sont joints.

Au cours de la petite enfance, les os du crâne ne sont pas fusionnées de manière rigide les unes aux autres, mais sont plutôt liés entre eux par une membrane appelée fontanelle où se joignent deux sutures. Entre la première et la deuxième année de vie, les os du crâne commencent à se déplacer ensemble et fusionnent comme une partie normale du développement.

Les études portant sur l'âge de la fermeture des sutures crâniennes obtiennent des résultats qui diffèrent. La fermeture est parfois observé pendant l'adolescence tandis que d'autres études indiquent une plus grande variation individuelle dans le calendrier de cette fermeture à la fusion de la suture lambdoïde ,suture sagittale , et suture coronale qui ont lieu dans la quatrième décennie de la vie, mais une fusion non complète de toutes les sutures a pu être observé jusqu'à un âge avancé (la huitième décennie de la vie a été signalé). Certaines études ont montré que les sutures ne fusionnent jamais de façon rigide. Selon Gray’s Anatomy , «[l]orsque ces sutures sont liés par des ligaments suturés et par le périoste , il en résulte dans la plupart des cas une immobilité complète».

Le corps médical considère qu'une fois l'âge adulte atteint, les os du crâne sont soudés et figés, immobiles. La mobilité des os du crâne décrite par les ostéopathes pourrait en fait être une illusion proprioceptive due à l'effet idéomoteur. En utilisant cette approche ils abaisseraient le tonus musculaire inhérent des muscles du crâne et du cou et lèveraient ainsi des tensions musculaires et faciales.

L'action des MTR

Les membranes de tensions réciproques (ou MTR) sont des enveloppes qui protègent les structures nerveuses (cerveau et moelle épinière). La membrane de tension réciproque principale est la dure-mère, particulièrement la faux du cerveau, la faux du cervelet et la tente du cervelet, aussi bien que les membranes durales intra-spinales. La dure-mère, plus particulièrement, maintient une tension dans le système, bouge réciproquement avec le cerveau, servant de ligament de contrôle, contrôlant et limitant la mobilité du cerveau, encourageant la fluctuation du liquide céphalo-rachidien et unissant le cerveau et les os crâniens. Attachée à l’occiput, elle descend ensuite jusqu’au sacrum, servant ainsi de tendon central entre le crâne et le bassin.

En 1970, John Upledger a observé au cours d'une procédure de chirurgie au cou ce qu'il décrit comme un mouvement de pulsation lente dans les méninges spinales. Il a tenté de maintenir la membrane encore et a constaté qu'il ne pouvait pas en raison de la force de l'action derrière le mouvement.

La fluctuation du liquide céphalo-rachidien (LCR)

Le liquide céphalo-rachidien qui circule dans l'ensemble du système nerveux (entre les différents feuillets des MTR) participe au MRP.

Bien que la circulation effective de ce liquide ne soit que d'un centimètre par heure, l'ostéopathe est à même de percevoir les ondes du MRP qui circulent par vagues au niveau de ce fluide.

Le LCR va également circuler dans l'ensemble de l'organisme à travers de minuscules tubules. Il va servir :

  • à véhiculer les nutriments vers les cellules ;
  • à évacuer le déchet ;
  • à transmettre des messages hormonaux.

Il joue donc un rôle crucial.

La mobilité involontaire du sacrum entre les iliaques

Sutherland a décrit un mouvement involontaire du sacrum correspondant à la mobilité sphénobasilaire du mécanisme respiratoire primaire. Cette mobilité est transmise du crâne au sacrum par l’intermédiaire de la dure-mère spinale. Ce mouvement a une application thérapeutique importante.

Indications en ostéopathie crânienne

Migraines

L’ostéopathie crânienne va utiliser les technique de ré-harmonisation ou de décompression de la base du crâne dans les cas de migraines. Les ostéopathes pratiquent les techniques à but circulaire avec succès. Les pressions trop fortes ou trop diffuses sur le crâne peuvent augmenter la symptomatologie. Il faut donc beaucoup de douceur dans les manœuvres.

Maux de tête

Le traitement du mal de tête par un ostéopathe peut réduire la fréquence des maux de tête les plus violents mais rien ne prouve scientifiquement qu'elle ait une influence réelle sur leur intensité. Des chercheurs canadiens du Toronto Rehabilitation Institute et du Canadian College of Osteopathy ont réalisé des tests sur une trentaine de personnes souffrant de mal de tête. Ils leur ont prodigué des traitements réguliers couplés à des exercices de relaxation à pratiquer chaque jour à la maison, et ont comparé les résultats avec ceux ne suivant pas les traitements d’ostéopathie. L'expérience a permis de prouver que les patients ayant profité des traitements d’ostéopathie constataient que la fréquence de leurs maux de tête avait diminué de près de 60 %. En revanche, aucun changement n'a été vu au niveau de l'intensité de la douleur après le traitement du mal de tête par un ostéopathe.

Acouphènes

Les acouphènes sont souvent les symptômes d'un syndrome cervical en ostéopathie. Les manipulations crâniennes auront pour objectif de réguler les dysfonctionnements du rachis cervical.

Plagiocéphalies

Une plagiocéphalie est une déformation du volume et des contours du crâne. Le traitement ostéopathique aura plusieurs voies qu’elles soient directes par rapport à un travail sur les sutures concernées ou adjacentes à la plagiocéphalie, sur les articulations de la base du crâne.