Ostéopathie viscérale

Définition de l'ostéopathie viscérale

L'ostéopathie viscérale va agir sur les organes internes ou viscères (foie, estomac, intestins, poumons..) et les membranes (fascias) qui enveloppent tous les muscles et viscères du corps humain, notamment pour permettre de retrouver un bon fonctionnement général de l'organisme. L’ostéopathie viscérale est également appeler ostéopathie fonctionnelle par opposition à l’ostéopathie structurelle.

L’'ostéopathie viscérale se décompose sur trois zones d’intervention :

  • le thorax avec le cœur et les poumons et la gaine viscérale du cou ;
  • l'abdomen avec les organes digestifs et les reins ;
  • le pelvis (petit bassin) dans lequel on retrouve la majeure partie du système uro-génital.

Le bon fonctionnement d'une viscère est lié à sa mobilité physiologique, à son innervation correcte et à sa bonne vascularisation. Les viscères sont suspendues aux structures osseuses et musculaires. Un jeu passif viscéral est indispensable sinon des adhérences se créent. Une mauvaise mobilité viscérale provoque un mauvais drainage veino-lymphatique, une dysfonction de l'innervation viscérale et du péristaltisme. Tout le système viscéral est sous la dépendance du système nerveux sympathique qui réagit particulièrement au stress et aux émotions.

Histoire de l'ostéopathie viscérale

Le suédois Thure Brandt (1819-1895) est le premier à établir une synthèse des techniques manipulatives organiques, et ce, précisément sur le plan gynécologique. Cette méthode essentiellement manuelle est basée sur des manipulations au niveau des viscères dans le but de libérer, irriguer et rendre fonctionnels les différents organes.

Le français Henri Stapfer (1847-1912), élève de Brandt, fait à nouveau progresser la méthode en publiant un traité de kinésithérapie gynécologique montrant l’intérêt des techniques viscérales appliquées à la gynécologie. C'est donc à Brandt et Stapfer que nous devons la description de la plupart des techniques manipulatives employées en gynécologie. C'est également à Stapfer que l'on doit les premiers éléments qui ont permis d'établir l'existence de la lésion circulatoire, élément fondamental dans l'appréhension de nombreux cas pathologiques.

Un médecin français, Frantz Glénard (1848–1920) effectue une étude approfondie des organes et des viscères de l'abdomen et met au point des méthodes d'examen permettant d'en déterminer les anomalies de fonctionnement. Pour lui, un abdomen normal est un abdomen qui est souple et homogène à la palpation et ne permet pas de sentir la présence des organes. Ainsi, des intestins durs, un estomac douloureux, un gros foie palpable constituent des anomalies, indicateurs de tensions, de ralentissements circulatoires, de troubles du métabolisme, de fibrose ou d'adhérences, ou de spasmes des muscles viscéraux.

Glénard est aussi le premier à évoquer les relations entre les organes. Il définit une réaction en chaîne où un organe déficient, congestionné, peu mobile ou descendu (ptôse) créera, l'apparition de troubles au niveau d'organes voisins avec lesquels il entretient des liens mécaniques, sanguins ou hormonaux. C'est ce fonctionnement déficient, causant une maladie fonctionnelle, que les ostéopathes rangent dans la catégorie de l’ostéopathie viscérale.